The Scarist horror ever? "JUON"
Director, Takashi Shimizu Interview

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Patrick Macias : Quelle est pour vous la plus grande différence entre le film original vidéo Juon et votre nouveau film ? 

TAKASHI SHIMIZU : Je ne m'attendais pas à ce que la première version obtienne un tel succès. Quand cela est devenu une évidence, le producteur Ichise Takashige m'a demandé si j'étais intéressé par 
réaliser une adaptation pour le cinéma. Et comme j'avais encore beaucoup d'idées que je n'avais pas eu l'opportunité d'explorer, j'ai tout de suite dit oui. La différence principale entre les deux oeuvres est 
l'absence de personnage principal dans les vidéos. Ou plutôt que le véritable héros de l'histoire est la maison hantée. Pour le nouveau film, tout le monde était d'accord : nous avions besoin d'une personne qui puisse endosser le rôle de héros ou héroïne. Cela nous a pris beaucoup de temps à mettre en place une histoire pour Juon qui ne fonctionne qu'avec un seul personnage. Nous avons écrit de nombreuses histoires et toutes étaient très différentes. Certaines d'entre elles s'attachaient uniquement à l'origine de aiyoko, qui est la première victime et le premier fantôme dans la vidéo. Mais j'ai décidé de ne pas tranformer le film en préquel. Je voulais que le film ait pour 
personnage principal un homme entre deux âges, un salarié issu de la classe moyenne mais le producteur Takashige m'a dit 'Qui voudrait payer pour voir un homme vieux ?' Et c'est pour cette raison qu'il y a 
d'aussi jolies filles dans le casting (rires).

PM : Comment en êtes vous venu à écrire et réaliser Juon ? 

TS : En  1998, j'ai travaillé comme directeur assistant sur de nombreux films cinéma et vidéo. Je prenais aussi des cours du soir pour apprendre la production de film où l'enseignant s'est révélé être 
Kiyoshi Kuroswa, le réalisateur de Cure, Kairo, et le producteur éxécutif de Juon. Il nous a donnés la possibilité de faire un court métrage de 3 minutes à partir d'un scénario original. Kiyoshi a beaucoup aimé mon film, certainement parce qu'il s'agissait d'horreur. Certes, j'aime les films d'horreur, mais je n'ai jamais eu l'ambition d'en réaliser. Par la 
suite, Kurosawa m'a introduit à un producteur de Kansai TV qui travaillait sur un film de 90 minutes pour la vidéo, Gakko no Kaidan G (Histoires G de fantômes à l'école). G est censé signifier Géniales à moins que le producteur souhaitait concurrencer Dragon Ball  Z (rires). Le film devait être une anthologie d'horreur et j'avais la mission d'écrire 
et de réaliser une ou deux parties. Mais parce que je n'avais encore d'expérience professionnelle, le producteur n'avait pas du tout confiance en moi. J'ai donc écrit beaucoup de scripts pour des parties de 30 minutes mais seulement deux ont été réalisées puis ramenées à une durée de 3 minutes. Je me demande comment ils ont pu effrayer le public... Dans tous les cas, ces deux courtes histoires sont devenues les fondations de Juon. Elles étaient les bases de la malédiction, les vraies prequels de l'histoire. 

PM : Etes vous particulièrement intéressé par raconter des histoires dans un format très court ou est-ce un style propre à Juon ? 

TS : Les deux premières vidéos de Juon étaient une combinaison de nombreux scénarios très courts. Normalement, le film aurait dû être un tout cohérent mais j'ai préféré ne pas changer le style Juon.

PM : Comment concevez vous les scènes d'horreur ? 

TS : Faire peur au public est la même chose que déclencher des fous rires : tout est dans la manière de contrôler les émotions. Depuis que je suis jeune, j'ai toujours adoré surprendre les gens. Surprendre et choquer les gens peut être aussi drôle qu'épouvantable. C'est peut être mon approche...

PM : Comment travaillez vous les scènes d'horreur avec les acteurs ? 

TS : Le timing est très important. Vous devez leur indiquer exactement comment doit être un cri. Si un personnage entend un bruit étrange, il ne doit surtout pas crier tout de suite. Ils doivent plutôt penser :'Tiens, quelque chose vient de tomber' ou 'C'est peut-être le vent'. Le doute et la peur augmentent petit à petit et créent un état de suspens. Vous devez calculer ceci et avec ce timing contrôler les émotions du public. 
Pour moi, l'art de l'horreur est celui du brouillage des pistes. Vous pensez que quelque chose est ici et vous réalisez qu'une entité est derrière vous, une entité pas forcément humaine. 

PM : Et à propos de votre travail avec les enfants ? 

TS : Personnellement, j'aime les enfants. Mais parfois, sous leur dehors d'innocence, les enfants peuvent être très effrayants et même inhumains. Ca me rappelle les oeuvres de Katsuhiro Otomo comme Akira et Domu. L'enfant qui joue Toshio dans Juon a sept ans. Nous avons auditionnés de nombreux enfants mais il est tout de suite sorti du lot car il se comportait d'une manière très étrange. Nous lui avons demandé de prendre des expressions effrayantes et il était très bon. 

PM : Et la maison dans Juon ?

TS : Ce n'est pas un décor mais une véritable maison dans la préfecture de Saitama. Dans de petits quartiers, vous pouvez parfois trouver des maisons abandonnées que le propriétaire vous loue pour une bouchée de pain. C'est assez amusant car la même maison a servie dans une série TV pour ménagères. Je pense qu'il y a quelque chose de très étrange dans cette maison mais peut-être que le public étranger ne sera pas d'accord. Aux Etats Unis et en Europe, un grenier est une pièce vivable mais au Japon, c'est toujours sombre et abandonné. Même les toilettes au Japon sont différentes avec des portes coulissantes. Je pense que les Occidentaux ont peur de ce qui se trouve en dessous de leur lit mais au Japon, ce n'est pas possible puisque les gens dorment par terre. De nombreux films d'horreur récents sont vraiment centrés autour de la taille et de la forme de la 
chambre. Je pense que ce serait un grand challenge de faire des remakes de ses films dans d'autres pays dans des types de maisons complètement différents. 

PM : Et en ce qui concerne les fantômes et leurs apparitions ? 

TS : Si vous montrez trop souvent un fantôme, cela devient risible. C'est pourquoi les films de fantômes essaient d'éviter de le montrer. Tous les créateurs de la vague Neo Horreur des films japonais comme 
Hiroshi Takahashi (le scénariste de Ring), et Kiyoshi Kurosawa essaient d'assombrir l'image du fantôme et le cacher. C'est une de leur stratégies. Mais je ne veux pas faire la même chose qu'eux : je veux montrer les fantômes autant que possible, même si je sais que certaines personnes vont rire. En fait, à la première projection de Juon, quelqu'un a rit pendant le film et est venu me dire  'C'était très drôle'. Mais une autre personne lui a rétorqué 'Ne vous moquez pas d'un film si effrayant '. C'est ce type de réaction que je recherche.

PM : Où vous situez vous dans ce mouvement Neo Horreur ?

TS : Je pense que mes films sont très américains dans leur style. Je suis un enfant des années 80, nourri aux splatters movies. Des personnages comme Freedy et Jason ont eu une grande influence. Je suis à mi-chemin entre le style japonais et américain à l'opposé des films de Kiyoshi  Kurosawa ou la série des Ring. Ce sont des films de fantômes, pas de monstres. Une approche intermédiaire est la plus 
intéressante. Il me serait même possible de faire un film d'horreur sur Doraemon. Ne pensez vous pas un robot chat est un peu effrayant ? (rires)

PM : Et l'après Juon ?

TS: Un film plus personnel auto produit. un peu plus comique certainement. J'ai fini de travailler sur Juon 2. Le tournage devrait commencer sous peu. 

PM : Vous n'êtes pas fatigué de Juon ? 

TS : Et bien Toran san a bien duré 48 films, donc qui sait ? Mon ami Takahasi  (Hiroshi) disait que le public était déjà fatigué de Juon avant la sortie du film mais après l'avoir vu, il a dit 'Tu l'as renouvelé'. Donc peut-être que ça peut fonctionner en série. Le prochain sera le dernier que je réalise moi-même. Enfin peut-être... (rires) Ou peut-être qu'un autre réalisateur s'occupera de tout cela comme John Carpenter avec Halloween

PM : Ou réaliser Juon 3 en 3D ? 
 

* Discussion on the JUON movies 2003

* The original JUON video review 2000

* HORROR MAP: JUON
 
 









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